Retour sur le forum des actions collectives du 16 mars
lundi 22 mars 2010, 15:28 :: Blog-notes :: rss
J’ai participé mardi 16 mars au forum des actions collectives, qui se tenait à la maison des syndicats à Créteil à l’initiative du Conseil général. L’objectif de ce forum, qui a lieu tous les deux ans, est de donner à voir la diversité des actions mises en œuvre sur le terrain du social et de l’insertion, et de favoriser les échanges entre ces même professionnels, les partenaires associatifs, les élus locaux et les allocataires.
Il y avait beaucoup de monde mardi parmi les 80 stands, diverses expos, projections de films, représentations théâtrales, qui ont animé la journée. J’étais invité à intervenir lors d’un débat autour de la démocratie participative, qui s’est avéré extrêmement enrichissant.
Qu’est ce qu’une action collective ? L’action collective est une méthode d’intervention du travail social qui privilégie l’implication des usagers dans un groupe et la valorisation de leurs savoirs. En somme, proposer à un citoyen de se rapprocher d’autres acteurs pour atteindre ensemble un but commun. On se rend compte aujourd’hui à quel point ces approches permettent de redonner dignité et espoir à des citoyens qui connaissent des difficultés dans leur vie quotidienne. Elles ont ausi le grand avantage d’être souvent initiées par les acteurs de terrain eux-mêmes, qu’ils soient les professionnels du social, les associations spécialisées ou les allocataires eux-mêmes. Pour toutes ces raisons, de plus en plus d’actions collectives fleurissent dans nos EDS et espaces d’insertion, et aident les plus fragilisés d’entre nous à reprendre pied.
Actions collectives et démocratie participative : même combat ! Dans le groupe de discussion sur la démocratie participative, j’ai été interpellé par des assistantes sociales, des professionnels de l’insertion, des bénévoles d’associations locales d’insertion ou de foyers de femmes des quartiers : « les gens ne croient plus vraiment au politique. Comment leur redonner espoir ? » ; « pourquoi ceux qui sont concernés par les projets ne sont pas ceux qui participent ? » ; « pourquoi les démarches de participation ne se tiennent pas sur le terrain, dans de petits groupes où la confiance s’installe et la parole se libère, plutôt que devant des assemblées d’élus qui intimident celles et ceux qui ont des choses à dire ? ». Autant d’interrogations fondamentales que nous nous posons chaque jour dans la conception et l’animation de démarches et dispositifs participatifs… Mais pas seulement : il y est aussi question du nécessaire changement de regard que nous portons sur l’autre (voir l’autre comme un alter-ego plutôt que comme une victime, comme un citoyen à part entière plutôt que comme un SDF ou un sans-papiers). Et l’articulation fondamentale entre l’individu et le groupe a aussi été mise en lumière : a priori, les finalités des démarches participatives et des actions collectives peuvent paraitre opposées : alors que le principe de l’action collective est d’amener l’individu à intégrer un groupe pour permettre son épanouissement personnel, il s’agit à travers la démocratie participative d’obtenir l’avis collectif d’un groupe composé d’individus qui doivent être capables de dépasser leurs préoccupations personnelles pour viser l’intérêt général. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il est question dans les deux cas de la recherche de l’altérité, de la rencontre de la différence, de dialogue, et par là même d’effets d’apprentissage. Et de même que l’épanouissement d’un individu profite à l’ensemble de la société, la recherche de l’intérêt général ne vise pas autre chose que le bonheur de chacun d’entre nous.
Au final, ce forum a donné à voir les grandes promesses des approches collectives du travail social. Mais dans le même temps, il a aussi mis en lumière beaucoup de souffrance, tant du coté des familles et des personnes qui fréquentent nos EDS (de plus en plus nombreuses et précarisées du fait de la crise) que des travailleurs sociaux mis dans une situation humainement intenable de ne plus pouvoir répondre à des sollicitations toujours plus nombreuses, notamment de la part de familles entières sans logements ni emplois. Et cette situation paradoxale où les actions collectives font preuve de leur utilité mais sont aujourd’hui menacées faute de crédits suffisants.
Je veux tirer un grand coup de chapeau aux acteurs du social et leur renouveler tous mes encouragements. Ne perdons pas de vue que le cœur de métier du Conseil général réside bien là, dans le travail social, et que ce n’est pas parce que toute cette énergie n’est pas considérée comme économiquement rentable qu’elle est inutile et source de gaspillages. Au contraire, les travailleurs sociaux sont bien aujourd’hui les indispensables petites mains du vivre ensemble et les garants du respect du droit à la dignité de chaque citoyen. Merci à eux.
Commentaires
1. Le dimanche 16 mai 2010 à 10:49, par Hbajawgu
2. Le dimanche 16 mai 2010 à 17:06, par Tutenusaqore
3. Le dimanche 16 mai 2010 à 17:20, par Yayufoyemu
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