danielbreuiller.fr

Blog-notes - lundi 29 mars 2010

L’ECOLOGIE POLITIQUE : L’UTOPIE FRUCTUEUSE DU 21ième SIECLE

Le résultat convaincant mais insatisfaisant du premier tour de l’élection régionale nous confère une très grande responsabilité.

Dans un contexte de vives eaux socialistes, l’écologie politique confirme et s’installe dans le paysage politique non pas comme un refuge aux déçus du Parti Socialiste (lors des élections européennes, la bataille des EGO au PS a été un élément important, aux côtés d’un projet cohérent d’EE, du résultat des listes EE) mais bien comme la PERSPECTIVE POLITIQUE du 21ième siècle capable de répondre aux exigences SOCIALES et ENVIRONNEMENTALES.

Le socialisme fut l’utopie du 20ième siècle et un formidable moteur pour les luttes sociales. L’écologie politique est l’utopie « plausible » du 21ième siècle.

« CHANGER LA VIE » ces mots magnifiques de RIMBAUD dont MITERRAND fit un slogan présidentiel, peuvent devenir le slogan fédérateur de l’écologie politique. C’est d’ailleurs parce que la politique (les politiques) n’a pas été capable de « changer leur vie » de rendre possible plus de bonheur, de justice, d’équité et de solidarité qu’un grand nombre de nos concitoyens s’en sont détournés dans une abstention massive. Le désenchantement est profond car les solutions avancées par la gauche traditionnelle sont peu crédibles.

Les moins de 35 ans, comme les ouvriers et les habitants des quartiers les plus paupérisés sont ceux qui ont le plus ignoré cette élection, parce que la politique les ignore. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une génération (les jeunes) à la quasi certitude de vivre moins bien que leurs parents.

Du moins tant que l’on reste dans cette perspective libérale et productiviste où la compétition (libre et non faussée) est érigée en modèle.

Et les exigences du bouclier social et territorial portées à leur façon par le Parti socialiste et le Front de gauche sont bien sûr absolument nécessaires mais en aucun cas suffisantes pour incarner un projet d’avenir.

Ce projet d’avenir c’est celui de l’écologie politique qui en questionnant les modes de production et de consommation, en défendant les circuits courts, l’économie sociale et solidaire, l’agriculture périurbaine, la conversion écologique de l’économie rend possible une nouvelle société.

Cette écologie politique doit répondre aux deux défis d’égale gravité et intimement liées, celui de l’aggravation des inégalités sociales (produit par le libéralisme économique) et le défi climatique.

Ces enjeux sont portés et incarnés par Europe Ecologie et c’est pour cela qu’après un long « mûrissement » personnel j’ai choisi de rejoindre ce mouvement. Mais l’écologie politique n’est pas notre propriété, ni même un projet abouti qu’il suffirait d’appliquer. Au sein du PS, du PC, du Front de gauche, d’autres partis, des militants agissent pour cette perspective. Mais surtout , autour des questions sociales, des questions de genre, des questions de droits collectifs, des questions de souveraineté alimentaire, d’altermondialisme, d’économie solidaire, de laïcité, d’éducation, de coopération internationale, de culture et de sports et de tant d’autres, des citoyennes et des citoyens, des associations, se mobilisent, agissent et rendent possible la construction de ce projet politique nouveau que nous appelons l’écologie politique.

Ces combats thématiques ont besoin d’une perspective et d’un débouché politique, mais ils contribuent aussi à rendre possible ce débouché possible.

C’est avec cette conviction que je regarde et participe aux débats sur le futur d’Europe Ecologie.

Plusieurs textes circulent dont je partage la quasi-totalité des contenus, tout en me demandant si le fait parfois de publier un texte n’est pas le moyen d’annoncer un groupe de signataires comme une puissance incontournable de la future « organisation », tout autant que de mettre en débat le contenu.

C’est ainsi, et cela fait partie de la vie des mouvements. L’essentiel est que la bataille des pouvoirs qui peut diviser, ne mette pas à mal la bataille politique qui nous réunit. J’ai connu trop de débats décisifs, trop de motions ou d’appels de la dernière chance pour ne pas avoir sur ces sujets un peu de recul.

J’ai choisi de ne pas être signataire de manifestes mais de participer aux débats et aux propositions pour le futur.

Je voudrais exposer plusieurs convictions sur la structuration puis formuler 2 ou 3 propositions :

1) Notre force et notre richesse tiennent à notre diversité « génético-politique ». Cela peut être aussi notre faiblesse si nous devions nous enfermer dans des identités actuelles ou passées.

D.Cohn Bendit a raison, le « où va-t-on » est primordial plutôt que le d’où viens-tu !

Mais nos histoires, nos « cultures d’origine» seront utiles si nous les faisons fructifier, si nous les reconnaissons comme une chance, et les accueillons mutuellement avec respect (ce qui n’exclut pas de l’exigence…et des controverses) Notre rassemblement ne vient pas du hasard, nous nous sommes croisés dans tant de luttes… Isolés ou divisés nous nous stériliserions, rassemblés nous fructifierons.

2) Nous ne devons - ni créer un nouveau parti dont la forme « hiérarchisée » a montré partout ses limites (ce qui ne signifie pas que les Verts n’ont pas joué un rôle essentiel pour permettre à EE d’exister…) - ni n’être qu’un réseau informel sans structures lisibles et sans lieux de décisions identifiés, validés et contrôlables.

3) Je partage totalement le contenu de l’appel du 22 mars(2010) de DCB, singulièrement le passage sur une organisation « pollinisatrice ».La perspective d’une « coopérative politique » peut être un concept fructueux, comme l’est celui de « métamorphose » posé dans un texte récent de E.MORIN et que beaucoup reprennent. Je veux juste ajouter ma conviction que le mode d’organisation et le projet sont indissociables l’un de l’autre et que c’est tout aussi nécessaire d’animer le débat sur les contenus de l’écologie politique que d’inventer notre future coopérative.

C’est pourquoi j’apporte donc à ce débat 2 propositions :

a) Une Université permanente de l’écologie politique Nous avons besoin d’espaces de pensée collective et d’espaces de confrontation. - Il existe des Universités d’été pourquoi pas une (des) universités permanentes de l’écologie politique . Chaque semaine des citoyens, des élus, des militants associatifs, des chercheurs pourraient débattre ensemble pour donner corps au projet politique. - Cela permettrait de rester ouverts à la société, accueillant les controverses, capable d’assimiler le travail de recherche, les expériences militantes, et de rendre chaque participant plus actif et plus capable d’agir. b) La bourse aux bonnes pratiques L’écologie politique c’est la politique par la preuve et donc c’est la transmission et la valorisation des expériences réussies, qui montrent que d’autres chemins sont possibles. Je propose une « BOURSE AUX BONNES PRATIQUES » où les élus et les militants pourraient expliciter les politiques mises en œuvre dans les villes, les départements, les régions, l’Europe… Analyser collectivement les difficultés rencontrées et les facteurs de réussite.

Ces « rencontres » pourraient sans doute être organisées et financées sur les crédits ouverts par le droit à la formation des élus.

Nous pourrions mutualiser les moyens mobilisés ainsi en ouvrant ces « formations d’élus » à des militants non élus, gratuitement bien sûr. Le croisement des analyses entre élus en charge d’exécutifs, élus en situation minoritaire dans les exécutifs ; élus d’opposition et militants est très fructueux. Nous l’avons expérimenté à petite échelle au sein de la Gauche citoyenne , je peux témoigner de l’utilité pour chacun.

Voilà 2 propositions concrètes qui pourraient prendre corps si un certain nombre de militants s’y intéressent et si la « coopérative » décide de les soutenir

Voilà avant de conclure, en félicitant ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout, je joins en annexe quelques réflexions sur la question de la structuration et un texte d’Edgar Morin que je trouve très utile à notre réflexion.

ANNEXE 1

A) Concernant les formes de la coopération, je soumets quelques idées o – passer de la vision hiérarchique et pyramidale à une pensée « centre- périphérie » Cette forme de pensée permet de ne plus penser les structurations entre haut et bas, national et local, l’élu ou le militant national ou régional n’est pas au dessus de l’élu ou du militant départemental ou local - Il est le centre du travail sur les questions nationales ou régionales, quand le militant local en est la périphérie - A l’inverse lorsque l’on parle des questions départementales ou locales, ce sont les militants et élus locaux et départementaux qui en sont les centres et les « nationaux ou régionaux » en sont les périphéries. La responsabilité d’un « centre », d’un animateur est alors selon une formule que j’emprunte à L SEVE « de centraliser sans appauvrir et d’impulser sans dicter d’en haut »

Concernant les formes du débat politique l’argument d’autorité ne fonctionne plus et c’est une bonne chose, mais une organisation (un rassemblement) ne peut avoir non plus de point de vue trop contradictoires, en son sein, cela suppose selon moi 1) d’accepter les dissensus mais de les travailler avec exigence 2) de s’attacher à ce que P.VIVERET appelle la « qualité démocratique ». Il relate l’expérience tirée du premier forum mondial à Porto Allègre où les organisateurs la veille de la clôture, tous d’accord sur la nécessité d’une seconde édition, étaient en revanche opposés sur la question de revenir à Porto Allège. Certains jugeant que la municipalité avait tenté de récupérer le FSM. C’était dès lors inacceptable de revenir. Pour les autres, en l’absence d’autres propositions de lieux d’organisation, ce qui était inacceptable c’était de laisser l’immense espoir né lors de ce forum retomber faute de perspective. Les deux points de vue semblaient inconciliables. La question fut posée à chacun de la façon suivante : que reconnais-tu dans la position de l’autre comme important.

-les opposants à la reconduction à Porto Allègre reconnurent qu’il était essentiel de donner le lendemain aux participants une perspective de 2ième édition. - les participants du retour à Porto Allègre reconnurent essentiel le refus de la récupération politique. Cela donna naissance à la charte des forums sociaux établissant « l’autonomie des forums face aux pouvoirs politiques ». Dès lors, il y avait un lieu et une « garantie » de non récupération, les points de vue apparemment inconciliables s’étaient dépassés par cette « qualification démocratique qui avait permis de mieux identifier les enjeux, les dissensus et les consensus) ».

Il y a à mon sens dans ces réflexions et ces méthodes sur la « qualification du débat démocratique » beaucoup à prendre pour notre futur commun.

Avec mes sentiments cordiaux

Daniel BREUILLER Maire d’Arcueil Vice-président du Conseil général en charge

de la démocratie participative et récent

signataire d’Europe écologie

PJ : texte d’E Morin ___

Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l’arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.

L’amplification et l’accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d’un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.

Le probable est la désintégration. L’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l’Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l’architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l’esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l’histoire, c’est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d’anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l’humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l’évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale, nous devons penser qu’au contraire c’est l’histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l’humanité.

L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s’il semble possible d’en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l’aide des royautés, les désintégrer.

La science moderne s’est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s’introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l’un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd’hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer.

Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie.

Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n’en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s’agit de les reconnaître, de les recenser, de les collationner, de les répertorier, et de les conjuguer en une pluralité de chemins réformateurs. Ce sont ces voies multiples qui pourront, en se développant conjointement, se conjuguer pour former la voie nouvelle, laquelle nous mènerait vers l’encore invisible et inconcevable métamorphose. Pour élaborer les voies qui se rejoindront dans la Voie, il nous faut nous dégager d’alternatives bornées, auxquelles nous contraint le monde de connaissance et de pensée hégémoniques. Ainsi il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper.

L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que, s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de « Terre-patrie », il faut aussi promouvoir, de façon démondialisante, l’alimentation de proximité, les artisanats de proximité, les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales.

L’orientation « croissance/décroissance » signifie qu’il faut faire croître les services, les énergies vertes, les transports publics, l’économie plurielle dont l’économie sociale et solidaire, les aménagements d’humanisation des mégapoles, les agricultures et élevages fermiers et biologiques, mais décroître les intoxications consommationnistes, la nourriture industrialisée, la production d’objets jetables et non réparables, le trafic automobile, le trafic camion (au profit du ferroutage).

L’orientation développement/enveloppement signifie que l’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l’efficacité, de la rentabilité, du calculable, il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié.

Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut maintenant énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l’urgence. Il faut savoir aussi commencer par définir les voies qui conduiraient à la Voie. Ce à quoi nous essayons de contribuer. Quelles sont les raisons d’espérer ? Nous pouvons formuler cinq principes d’espérance.

1. Le surgissement de l’improbable. Ainsi la résistance victorieuse par deux fois de la petite Athènes à la formidable puissance perse, cinq siècles avant notre ère, fut hautement improbable et permit la naissance de la démocratie et celle de la philosophie. De même fut inattendue la congélation de l’offensive allemande devant Moscou en automne 1941, puis improbable la contre-offensive victorieuse de Joukov commencée le 5 décembre, et suivie le 8 décembre par l’attaque de Pearl Harbor qui fit entrer les Etats-Unis dans la guerre mondiale.

2. Les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l’humanité. De même qu’il existe dans tout organisme humain adulte des cellules souches dotées des aptitudes polyvalentes (totipotentes) propres aux cellules embryonnaires, mais inactivées, de même il existe en tout être humain, en toute société humaine des vertus régénératrices, génératrices, créatrices à l’état dormant ou inhibé.

3. Les vertus de la crise. En même temps que des forces régressives ou désintégratrices, les forces génératrices créatrices s’éveillent dans la crise planétaire de l’humanité.

4. Ce à quoi se combinent les vertus du péril : « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. » La chance suprême est inséparable du risque suprême.

5. L’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie (paradis, puis utopies, puis idéologies libertaire /socialiste/communiste, puis aspirations et révoltes juvéniles des années 1960). Cette aspiration renaît dans le grouillement des initiatives multiples et dispersées qui pourront nourrir les voies réformatrices, vouées à se rejoindre dans la voie nouvelle.

L’espérance était morte. Les vieilles générations sont désabusées des faux espoirs. Les jeunes générations se désolent qu’il n’y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l’humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité.

L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude. C’est l’espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L’origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine.

Sociologue et philosophe. Né en 1921, est directeur de recherches émérite au CNRS, président de l’Agence européenne pour la culture (Unesco) et président de l’Association pour la pensée complexe. En 2009, iI a notamment publié « Edwige, l’inséparable » (Fayard). A lire également, « La Pensée tourbillonnaire – Introduction à la pensée d’ », de Jean Tellez (éditions Germina)

Blog-notes - lundi 22 mars 2010

Retour sur le forum des actions collectives du 16 mars

J’ai participé mardi 16 mars au forum des actions collectives, qui se tenait à la maison des syndicats à Créteil à l’initiative du Conseil général. L’objectif de ce forum, qui a lieu tous les deux ans, est de donner à voir la diversité des actions mises en œuvre sur le terrain du social et de l’insertion, et de favoriser les échanges entre ces même professionnels, les partenaires associatifs, les élus locaux et les allocataires.

Il y avait beaucoup de monde mardi parmi les 80 stands, diverses expos, projections de films, représentations théâtrales, qui ont animé la journée. J’étais invité à intervenir lors d’un débat autour de la démocratie participative, qui s’est avéré extrêmement enrichissant.

Qu’est ce qu’une action collective ? L’action collective est une méthode d’intervention du travail social qui privilégie l’implication des usagers dans un groupe et la valorisation de leurs savoirs. En somme, proposer à un citoyen de se rapprocher d’autres acteurs pour atteindre ensemble un but commun. On se rend compte aujourd’hui à quel point ces approches permettent de redonner dignité et espoir à des citoyens qui connaissent des difficultés dans leur vie quotidienne. Elles ont ausi le grand avantage d’être souvent initiées par les acteurs de terrain eux-mêmes, qu’ils soient les professionnels du social, les associations spécialisées ou les allocataires eux-mêmes. Pour toutes ces raisons, de plus en plus d’actions collectives fleurissent dans nos EDS et espaces d’insertion, et aident les plus fragilisés d’entre nous à reprendre pied.

Actions collectives et démocratie participative : même combat ! Dans le groupe de discussion sur la démocratie participative, j’ai été interpellé par des assistantes sociales, des professionnels de l’insertion, des bénévoles d’associations locales d’insertion ou de foyers de femmes des quartiers : « les gens ne croient plus vraiment au politique. Comment leur redonner espoir ? » ; « pourquoi ceux qui sont concernés par les projets ne sont pas ceux qui participent ? » ; « pourquoi les démarches de participation ne se tiennent pas sur le terrain, dans de petits groupes où la confiance s’installe et la parole se libère, plutôt que devant des assemblées d’élus qui intimident celles et ceux qui ont des choses à dire ? ». Autant d’interrogations fondamentales que nous nous posons chaque jour dans la conception et l’animation de démarches et dispositifs participatifs… Mais pas seulement : il y est aussi question du nécessaire changement de regard que nous portons sur l’autre (voir l’autre comme un alter-ego plutôt que comme une victime, comme un citoyen à part entière plutôt que comme un SDF ou un sans-papiers). Et l’articulation fondamentale entre l’individu et le groupe a aussi été mise en lumière : a priori, les finalités des démarches participatives et des actions collectives peuvent paraitre opposées : alors que le principe de l’action collective est d’amener l’individu à intégrer un groupe pour permettre son épanouissement personnel, il s’agit à travers la démocratie participative d’obtenir l’avis collectif d’un groupe composé d’individus qui doivent être capables de dépasser leurs préoccupations personnelles pour viser l’intérêt général. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il est question dans les deux cas de la recherche de l’altérité, de la rencontre de la différence, de dialogue, et par là même d’effets d’apprentissage. Et de même que l’épanouissement d’un individu profite à l’ensemble de la société, la recherche de l’intérêt général ne vise pas autre chose que le bonheur de chacun d’entre nous.

Au final, ce forum a donné à voir les grandes promesses des approches collectives du travail social. Mais dans le même temps, il a aussi mis en lumière beaucoup de souffrance, tant du coté des familles et des personnes qui fréquentent nos EDS (de plus en plus nombreuses et précarisées du fait de la crise) que des travailleurs sociaux mis dans une situation humainement intenable de ne plus pouvoir répondre à des sollicitations toujours plus nombreuses, notamment de la part de familles entières sans logements ni emplois. Et cette situation paradoxale où les actions collectives font preuve de leur utilité mais sont aujourd’hui menacées faute de crédits suffisants.

Je veux tirer un grand coup de chapeau aux acteurs du social et leur renouveler tous mes encouragements. Ne perdons pas de vue que le cœur de métier du Conseil général réside bien là, dans le travail social, et que ce n’est pas parce que toute cette énergie n’est pas considérée comme économiquement rentable qu’elle est inutile et source de gaspillages. Au contraire, les travailleurs sociaux sont bien aujourd’hui les indispensables petites mains du vivre ensemble et les garants du respect du droit à la dignité de chaque citoyen. Merci à eux.

Blog-notes - mercredi 17 mars 2010

DECLARATION DE D.BREUILLER MAIRE D ARCUEIL, CANDIDAT EUROPE ECOLOGIE EN 94, APRES LA PROCLAMATION DES RESULTATS

Mon sentiment au soir de ce premier tour est un sentiment très partagé.

Tout d’abord au niveau de l’abstention massive. Presque 58 % dans notre commune et près de 54% dans le pays, cela représente plus de 23 millions d’électrices et d’électeurs qui n’ont pas participé à ce scrutin.

Lorsque les analyses sociologiques sortiront, nous constaterons que pour certaines catégories de citoyens (les jeunes, les ouvriers, les plus modestes) ce taux d’abstention sera encore bien plus élevé. J’ai peur qu’il n’atteigne les 70 à 75 % chez les moins de 30 ans. Il y a hélas une forte continuité malgré l’exception présidentielle mais ce niveau est un séisme pour notre démocratie. Bien sûr, il existe des abstentions différentes, mais cela témoigne surtout du désenchantement et du sentiment que la politique ne changera pas réellement la vie de la cité et celle des personnes concernées. Comment ne pas le comprendre lorsque l’on constate que la génération des 20 à 35 ans n’a connu que la crise, la précarité généralisée, l’aggravation continue des inégalités sociales et territoriales, l’aggravation de la crise climatique et la quasi certitude de vivre moins bien que leurs parents.

C’est d’abord cela qu’il faut changer et c’est le rôle de la gauche et de l’écologie politique que d’y réussir !

Le deuxième sentiment amer vient de la résurgence du Front national. Dans notre ville, il dépasse 10 % dans trois des douze bureaux de vote et totalise 8 % au total.

En ouvrant la boite de Pandore de l’identité nationale et en construisant une société sur la base des peurs les HORTEFEUX-BESSON ont réussi à ramener JM LEPEN et ont consolidé ses idées.

Au plan des motifs de satisfaction, il y a bien sur le score historiquement bas de l’UMP 26,7% cela n’était jamais arrivé sous la 5ème république. C’est un avertissement net au président Sarkozy et à la politique qu’il mène , suppression des services publics, d’emploi à l’hôpital, dans les écoles, mise au pas de la magistrature, cadeaux aux puissants et difficultés accrues pour les salariés ; les français ont rejeté cette politique. Il y a ensuite le score très haut de la gauche et la confirmation de l’écologie politique. Le résultat est net, le bouclier social présenté par le parti socialiste, le bilan des sortants a obtenu un soutien net renforcé par le fait que le vote utile a joué en sa faveur. C’est aussi, après le désaveu infligé au PS lors des élections européennes, qui disait, « assez du bal des égos et des divisions », une reconnaissance du travail de « solidarité » interne réussi par Martine AUBRY. Cela durera-t-il après le 21 mars ? la réponse appartient au Parti socialiste.

Dans ce contexte de score élevé du PS, Europe Ecologie confirme son installation dans le paysage politique national.

C’est un fait très important car dans cette élection, ce résultat ne tient pas au désenchantement vis-à-vis du PS mais bien en une confiance grandissante en l’écologie politique comme projet de société.

Au 20ème siècle, le socialisme était la perspective pour la gauche. Au 21ème siècle, l’écologie politique sera à mon sens la perspective. Europe Ecologie l’incarne et la construit, même si cette perspective est aussi partagée par d’autres. C’et un fait très important, car nos concitoyens attendent de nous une réelle perspective politique, crédible et compréhensible qui apporte des solutions immédiates mais qui soient aussi respectueuses de l’avenir.

Ce chantier est enthousiasmant, et je suis heureux d’avoir contribué avec d’autres à son succès sur notre ville, puisqu’ Arcueil, avec plus de 22%, donne le meilleur score du Val de marne à Europe Ecologie malgré une campagne locale marquée par l’opposition de certains au rassemblement élargi.

Enfin le Front de gauche a stabilisé et même légèrement amélioré son score sur le Val de marne sous l’impulsion de Christian FAVIER. C’est une bonne nouvelle que la gauche radicale qui accepte de gérer les institutions et qui veut donc améliorer tout ce qui peut l’être ait distancé la gauche protestataire.

Cette élection marque donc à la fois une nouvelle étape de la crise démocratique de notre pays et de nouvelles possibilités. La confiance majoritaire apportée à la gauche nous impose de nous rassembler et de savoir faire fructifier les apports de chacune des sensibilités dans un projet commun. La diversité est une richesse si elle s’accompagne de la volonté d’avancer ensemble et de se respecter. C’est ce qui est nécessaire pour le 2ème tour et pour les quatre années à venir.

Notre responsabilité est grande, face à la crise sociale, économique, écologique et démocratique d’offrir non pas seulement une alternance mais bien une alternative politique.

Cela commence par les accords pour gérer ensemble et le rassemblement de toute la gauche pour confirmer lors du scrutin du 21 mars les résultats du premier tour.

J’appelle donc les arcueillais à se rassembler autour de la liste conduite par JP HUCHON en Ile de France et Cécile DUFLOT en Val de Marne. Un résultat net permettra de contrer la politique gouvernementale et de renforcer les politiques territoriales solidaires

DANIEL BREUILLER Maire

Blog-notes - mardi 16 mars 2010

La disparition de Jean Ferrat me touche profondément

C’est étrange, nous sommes au cœur de l’élection régionale, je passe mon temps à en souligner les enjeux essentiels et voila qu’arrive la nouvelle du décès de Jean Ferrat.

Cette nouvelle me touche profondément, il a accompagné tant d’étapes de ma vie. D’abord avec « ma môme » cette chanson est pour moi beaucoup plus qu’une chanson, c’est aussi une histoire de la dignité ouvrière et de l’anti apparence. Une histoire qui parle aussi du bonheur à cette époque ou existait tant de pauvreté voire beaucoup moins de misère.

Et puis 17 ans, l’histoire de cette jeune combattante vietnamienne, Nuit et Brouillard et Potemkine les références à ce que ma famille m’a appris de l’histoire et « Ma France » si loin du débat de l’identité nationale et plus tard « camarades » « c’est un joli nom camarade » « c’est un nom terrible à dire » quant l’URSS envahit la Tchécoslovaquie, « le bilan positif » et tant d’autres chansons militantes, et ces poèmes d’Aragon, ces chansons d’amour, des hommes, des femmes et de la Nature, ce sacré Félicien et enfin cette « Montagne » si belle. Dumont parlait d’écologie, Ferrat le communiste chantait la Montagne ; Réécoutez cette chanson, l’écologie politique est aussi née là.

Au revoir cher Jean Ferrat et merci pour tout.

Blog-notes - lundi 8 mars 2010

Le 14 mars, on choisit ! Je vote la liste n°4 Europe Ecologie

Le 21 mars, on se rassemble ! Avec les Arcueillais, nous donnerons une large victoire à la liste d’union Europe Ecologie, Parti Socialiste, Front de Gauche

Madame, Monsieur,

Les élections régionales sont très importantes pour notre ville, comme pour notre vie quotidienne ! Les transports, les lycées et la formation professionnelle, le développement économique sont de la responsabilité de la Région. Mais la Région est aussi un acteur incontournable du logement et de l’aménagement du territoire, du soutien à la culture, de l’agriculture régionale, de la recherche et de l’enseignement supérieur...

Lire la suite