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Blog-notes - jeudi 1 juillet 2010

Colère et esprit de combat

Je suis co-président d’un office public de l’habitat intercommunal qui compte 5119 logements dont 3031 sur Arcueil. Lors du dernier Conseil d’administration, la présentation du bilan d’activité 2009 nous confronte, une fois de plus, à la dure réalité du logement. Parmi les nombreuses tendances marquantes j’en retiendrais deux :

La première illustre la situation de grave pénurie de l’offre à laquelle nous sommes confrontés malgré les 45 % de logements sociaux que compte Arcueil. Les libérations de logement sont toujours moins nombreuses puisque le taux de rotation s’élève à 5.5 % sur l’ensemble des logements. Sur la partie arcueillaise, en 2009, la commission d’attribution des logements a attribué, en 11 séances, 113 logements dont 43 à destination de locataires en mutation. 35 logements ont été attribués sur le contingent préfecture dont 12 pour des demandeurs au titre du droit au logement opposable et reconnus « prioritaires et urgents » par la commission de médiation du Val de Marne.

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Blog-notes - mercredi 30 juin 2010

« Le saviez-vous ?

13894 : c’est le nombre cumulé de logements sociaux manquants dans 7 Villes UMP et Nouveau Centre du Val-de-Marne. Il s’agit des Villes de Saint Maur des Fossés (5.62 % de logements sociaux, 4910 logements manquants), Vincennes (6.64 % / 3281), Le Perreux-su-Marne (7.01 % / 1857), Nogent-sur-Marne (11.47 % / 1228), Saint-Mandé (8.65 % / 1144), Sucy-en-Brie (9.99 % / 986), Bry-sur-Marne (12.38 % / 488). Mention spéciale à la Ville d’Ormesson-sur-Marne avec ses 0.43 % de logements sociaux… »

Blog-notes - mardi 22 juin 2010

LES 3A ont 40 ans

Cette association arcueillaise m’invite à fêter ses 40 ans. Beaucoup de visages connus et d’amis autour de son président Georges NOELL et de son infatigable secrétaire et animatrice Michèle TRYSTRAM.

Au delà de l’expo, des souvenirs évoqués sur quelques anciens présidents, je retire de nos échanges une chose très importante. LORSQUE LES 3A se créent, la vie culturelle municipale est balbutiante. C’était vrai aussi pour la création du sport dans notre ville (et dans notre pays). La vie associative a été précurseur.

Les associations ont souvent beaucoup innové (en l’occurrence, conférences, expo, cours de dessins….), capable de saisir les besoins de l’époque et d’y répondre efficacement.

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Blog-notes - lundi 21 juin 2010

SANS PAPIERS

Ce texte est la préface d’un petit ouvrage édité par les éditions UTOPIA, intitulé "SANS PAPIERS pour lutter contre les idées reçues". Merci à Chantal RICHARD notamment côtoyée à l’occasion des 1000 de Cachan qui me l’a adressé. A faire circuler pour le plus grand bien des lecteurs. Je vais en adresser un exemplaire aux patrons de la SENI.

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Blog-notes -

Hommage à José SARAMAGO

Le prix NOBEL de littérature 1998 était (aussi) un militant. Je me rappelle son intervention lors d’un forum social mondial, comme Ferrat ne chantait pas pour passer le temps, il écrivait « par nécessité » et pour changer les choses.

Blog-notes - mercredi 16 juin 2010

Pollution de l'eau : l'Etat doit mettre au pas l'agriculture industrielle

Voilà une contribution importante à partager avec modération...

Dans son rapport annuel 2010, la Cour des comptes vient une nouvelle fois d'épingler "l'insuffisante volonté de l'Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l'encouragement au productivisme et le choix d'une agriculture intensive". Cela a valu à l'Etat plusieurs condamnations, aux niveaux national et européen, la dernière concernant l'affaire des algues vertes. Et avant la fin de l'année, la France risque d'être une nouvelle fois condamnée pour son non-respect de la directive nitrates. La situation est telle que le Conseil d'Etat est allé jusqu'à reconnaître, dans un rapport publié début juin (L'eau et son droit), que "la sanction communautaire est le seul levier efficace pour surmonter le poids conjugué des intérêts économiques ou catégoriels et de l'inertie des collectivités publiques face à eux, Etat et collectivités territoriales".

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Blog-notes - mercredi 2 juin 2010

Agression meurtrière devant GAZA

Israël en est coupable La communauté internationale en est responsable

9 morts, 36 blessés parmi les 600 volontaires internationaux de la mission humanitaire qui voulait obtenir la levée du blocus de Gaza. Une fois de plus, le gouvernement israélien enfermé dans son approche idéologique du conflit, certain de sa force et de sa capacité à obtenir une acceptation tacite de ses actions a enfreint les lois internationales

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Blog-notes - mardi 25 mai 2010

Retour sur la manifestation du 20 mai 2010 à Matignon

Jeudi 20 mai en fin de journée, je me suis rendu, en compagnie d’une trentaine de conseillers généraux, d’une vingtaine de maires et conseillers municipaux du Val de Marne, et de près de 400 Val de Marnais, sous les fenêtres du Premier Ministre à l’hôtel Matignon, rue de Varennes. Motif de cette visite : remettre en mains propres à François Fillon les 40 000 pétitions signées depuis près de 6 mois par les habitants du Val de Marne et par lesquelles ils expriment leur attachement au service public départemental et aux valeurs d’égalité et de solidarité qu’il défend. Car c’est précisément l’action publique locale qui volera en éclats si la réforme des collectivités locales défendue par le Chef de l’Etat est adoptée cet été.

Seulement voilà : au lieu de recevoir une délégation des représentants du peuple, désignés par le suffrage universel direct, et des 40 000 signataires inquiets, le Premier Ministre a préféré barricader l’accès à la rue de la Varennes derrière un cordon de CRS, et ne laisser passer…apres négociations !, que les cartons contenant les pétitions provenant des 47 communes du département.

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Blog-notes - lundi 17 mai 2010

Rigueur et austérité….

Et les collectivités locales sont touchées au premier chef ! Une fois de plus ce seront au final nos concitoyens le plus fragilisés qui en seront les premières victimes !

Gel des dotations aux collectivités locales, coups portés à des prestations de solidarité nationale telles que le RSA, ou l’APA ou l’allocation pour les adultes handicapées.

Bénéficiaires du bouclier fiscal, dormez sur vos deux oreilles, vos privilèges sont préservés…

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Blog-notes - mardi 11 mai 2010

Education Nationale- « La vérité sur les restrictions »

RGPP et non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Cette situation se révèle particulièrement catastrophique dans l’Education Nationale et est lourde de conséquences pour l’école publique et notamment dans sa capacité à assurer les remplacements et à enseigner dans de bonnes conditions. Je veux vous donner ici les chiffres tels qu’ils apparaissent dans la réalité quotidienne de nos enfants et de leurs enseignants.

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Blog-notes - lundi 10 mai 2010

COMMERCIALISATION LOGEMENTS (CHAPERON VERT)

Plus de 250 arcueillais étaient présents le 4 mai dernier pour le lancement par les promoteurs privés de la commercialisation des logements en accession sur le site du chaperon vert avec une représentativité à peu près égale entre les personnes issues du logement social que privé, de nombreux participants semblaient être concernés par un premier achat. Force est de constater que les promoteurs ne s’attendaient pas à une telle participation.

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Blog-notes -

HUMEUR

Les restos du cœur viennent de nous transmettre le bilan de la saison hivernale 2009/2010 sur le Val de Marne. Le nombre de familles aidées a encore augmenté (+ 7%) après la hausse déjà forte de 2009 (+13%). Cela fait plus de 20 % de hausse en 2 ans….

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Blog-notes - mercredi 28 avril 2010

mon agenda mars/avril

Combien de personnes qui n’ont pas encore 60 ans sont elles déjà exclues du monde du travail ? Dans le débat sur la retraite, n’oublions pas cette vérité humaine et comptable.

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Blog-notes - lundi 29 mars 2010

L’ECOLOGIE POLITIQUE : L’UTOPIE FRUCTUEUSE DU 21ième SIECLE

Le résultat convaincant mais insatisfaisant du premier tour de l’élection régionale nous confère une très grande responsabilité.

Dans un contexte de vives eaux socialistes, l’écologie politique confirme et s’installe dans le paysage politique non pas comme un refuge aux déçus du Parti Socialiste (lors des élections européennes, la bataille des EGO au PS a été un élément important, aux côtés d’un projet cohérent d’EE, du résultat des listes EE) mais bien comme la PERSPECTIVE POLITIQUE du 21ième siècle capable de répondre aux exigences SOCIALES et ENVIRONNEMENTALES.

Le socialisme fut l’utopie du 20ième siècle et un formidable moteur pour les luttes sociales. L’écologie politique est l’utopie « plausible » du 21ième siècle.

« CHANGER LA VIE » ces mots magnifiques de RIMBAUD dont MITERRAND fit un slogan présidentiel, peuvent devenir le slogan fédérateur de l’écologie politique. C’est d’ailleurs parce que la politique (les politiques) n’a pas été capable de « changer leur vie » de rendre possible plus de bonheur, de justice, d’équité et de solidarité qu’un grand nombre de nos concitoyens s’en sont détournés dans une abstention massive. Le désenchantement est profond car les solutions avancées par la gauche traditionnelle sont peu crédibles.

Les moins de 35 ans, comme les ouvriers et les habitants des quartiers les plus paupérisés sont ceux qui ont le plus ignoré cette élection, parce que la politique les ignore. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une génération (les jeunes) à la quasi certitude de vivre moins bien que leurs parents.

Du moins tant que l’on reste dans cette perspective libérale et productiviste où la compétition (libre et non faussée) est érigée en modèle.

Et les exigences du bouclier social et territorial portées à leur façon par le Parti socialiste et le Front de gauche sont bien sûr absolument nécessaires mais en aucun cas suffisantes pour incarner un projet d’avenir.

Ce projet d’avenir c’est celui de l’écologie politique qui en questionnant les modes de production et de consommation, en défendant les circuits courts, l’économie sociale et solidaire, l’agriculture périurbaine, la conversion écologique de l’économie rend possible une nouvelle société.

Cette écologie politique doit répondre aux deux défis d’égale gravité et intimement liées, celui de l’aggravation des inégalités sociales (produit par le libéralisme économique) et le défi climatique.

Ces enjeux sont portés et incarnés par Europe Ecologie et c’est pour cela qu’après un long « mûrissement » personnel j’ai choisi de rejoindre ce mouvement. Mais l’écologie politique n’est pas notre propriété, ni même un projet abouti qu’il suffirait d’appliquer. Au sein du PS, du PC, du Front de gauche, d’autres partis, des militants agissent pour cette perspective. Mais surtout , autour des questions sociales, des questions de genre, des questions de droits collectifs, des questions de souveraineté alimentaire, d’altermondialisme, d’économie solidaire, de laïcité, d’éducation, de coopération internationale, de culture et de sports et de tant d’autres, des citoyennes et des citoyens, des associations, se mobilisent, agissent et rendent possible la construction de ce projet politique nouveau que nous appelons l’écologie politique.

Ces combats thématiques ont besoin d’une perspective et d’un débouché politique, mais ils contribuent aussi à rendre possible ce débouché possible.

C’est avec cette conviction que je regarde et participe aux débats sur le futur d’Europe Ecologie.

Plusieurs textes circulent dont je partage la quasi-totalité des contenus, tout en me demandant si le fait parfois de publier un texte n’est pas le moyen d’annoncer un groupe de signataires comme une puissance incontournable de la future « organisation », tout autant que de mettre en débat le contenu.

C’est ainsi, et cela fait partie de la vie des mouvements. L’essentiel est que la bataille des pouvoirs qui peut diviser, ne mette pas à mal la bataille politique qui nous réunit. J’ai connu trop de débats décisifs, trop de motions ou d’appels de la dernière chance pour ne pas avoir sur ces sujets un peu de recul.

J’ai choisi de ne pas être signataire de manifestes mais de participer aux débats et aux propositions pour le futur.

Je voudrais exposer plusieurs convictions sur la structuration puis formuler 2 ou 3 propositions :

1) Notre force et notre richesse tiennent à notre diversité « génético-politique ». Cela peut être aussi notre faiblesse si nous devions nous enfermer dans des identités actuelles ou passées.

D.Cohn Bendit a raison, le « où va-t-on » est primordial plutôt que le d’où viens-tu !

Mais nos histoires, nos « cultures d’origine» seront utiles si nous les faisons fructifier, si nous les reconnaissons comme une chance, et les accueillons mutuellement avec respect (ce qui n’exclut pas de l’exigence…et des controverses) Notre rassemblement ne vient pas du hasard, nous nous sommes croisés dans tant de luttes… Isolés ou divisés nous nous stériliserions, rassemblés nous fructifierons.

2) Nous ne devons - ni créer un nouveau parti dont la forme « hiérarchisée » a montré partout ses limites (ce qui ne signifie pas que les Verts n’ont pas joué un rôle essentiel pour permettre à EE d’exister…) - ni n’être qu’un réseau informel sans structures lisibles et sans lieux de décisions identifiés, validés et contrôlables.

3) Je partage totalement le contenu de l’appel du 22 mars(2010) de DCB, singulièrement le passage sur une organisation « pollinisatrice ».La perspective d’une « coopérative politique » peut être un concept fructueux, comme l’est celui de « métamorphose » posé dans un texte récent de E.MORIN et que beaucoup reprennent. Je veux juste ajouter ma conviction que le mode d’organisation et le projet sont indissociables l’un de l’autre et que c’est tout aussi nécessaire d’animer le débat sur les contenus de l’écologie politique que d’inventer notre future coopérative.

C’est pourquoi j’apporte donc à ce débat 2 propositions :

a) Une Université permanente de l’écologie politique Nous avons besoin d’espaces de pensée collective et d’espaces de confrontation. - Il existe des Universités d’été pourquoi pas une (des) universités permanentes de l’écologie politique . Chaque semaine des citoyens, des élus, des militants associatifs, des chercheurs pourraient débattre ensemble pour donner corps au projet politique. - Cela permettrait de rester ouverts à la société, accueillant les controverses, capable d’assimiler le travail de recherche, les expériences militantes, et de rendre chaque participant plus actif et plus capable d’agir. b) La bourse aux bonnes pratiques L’écologie politique c’est la politique par la preuve et donc c’est la transmission et la valorisation des expériences réussies, qui montrent que d’autres chemins sont possibles. Je propose une « BOURSE AUX BONNES PRATIQUES » où les élus et les militants pourraient expliciter les politiques mises en œuvre dans les villes, les départements, les régions, l’Europe… Analyser collectivement les difficultés rencontrées et les facteurs de réussite.

Ces « rencontres » pourraient sans doute être organisées et financées sur les crédits ouverts par le droit à la formation des élus.

Nous pourrions mutualiser les moyens mobilisés ainsi en ouvrant ces « formations d’élus » à des militants non élus, gratuitement bien sûr. Le croisement des analyses entre élus en charge d’exécutifs, élus en situation minoritaire dans les exécutifs ; élus d’opposition et militants est très fructueux. Nous l’avons expérimenté à petite échelle au sein de la Gauche citoyenne , je peux témoigner de l’utilité pour chacun.

Voilà 2 propositions concrètes qui pourraient prendre corps si un certain nombre de militants s’y intéressent et si la « coopérative » décide de les soutenir

Voilà avant de conclure, en félicitant ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout, je joins en annexe quelques réflexions sur la question de la structuration et un texte d’Edgar Morin que je trouve très utile à notre réflexion.

ANNEXE 1

A) Concernant les formes de la coopération, je soumets quelques idées o – passer de la vision hiérarchique et pyramidale à une pensée « centre- périphérie » Cette forme de pensée permet de ne plus penser les structurations entre haut et bas, national et local, l’élu ou le militant national ou régional n’est pas au dessus de l’élu ou du militant départemental ou local - Il est le centre du travail sur les questions nationales ou régionales, quand le militant local en est la périphérie - A l’inverse lorsque l’on parle des questions départementales ou locales, ce sont les militants et élus locaux et départementaux qui en sont les centres et les « nationaux ou régionaux » en sont les périphéries. La responsabilité d’un « centre », d’un animateur est alors selon une formule que j’emprunte à L SEVE « de centraliser sans appauvrir et d’impulser sans dicter d’en haut »

Concernant les formes du débat politique l’argument d’autorité ne fonctionne plus et c’est une bonne chose, mais une organisation (un rassemblement) ne peut avoir non plus de point de vue trop contradictoires, en son sein, cela suppose selon moi 1) d’accepter les dissensus mais de les travailler avec exigence 2) de s’attacher à ce que P.VIVERET appelle la « qualité démocratique ». Il relate l’expérience tirée du premier forum mondial à Porto Allègre où les organisateurs la veille de la clôture, tous d’accord sur la nécessité d’une seconde édition, étaient en revanche opposés sur la question de revenir à Porto Allège. Certains jugeant que la municipalité avait tenté de récupérer le FSM. C’était dès lors inacceptable de revenir. Pour les autres, en l’absence d’autres propositions de lieux d’organisation, ce qui était inacceptable c’était de laisser l’immense espoir né lors de ce forum retomber faute de perspective. Les deux points de vue semblaient inconciliables. La question fut posée à chacun de la façon suivante : que reconnais-tu dans la position de l’autre comme important.

-les opposants à la reconduction à Porto Allègre reconnurent qu’il était essentiel de donner le lendemain aux participants une perspective de 2ième édition. - les participants du retour à Porto Allègre reconnurent essentiel le refus de la récupération politique. Cela donna naissance à la charte des forums sociaux établissant « l’autonomie des forums face aux pouvoirs politiques ». Dès lors, il y avait un lieu et une « garantie » de non récupération, les points de vue apparemment inconciliables s’étaient dépassés par cette « qualification démocratique qui avait permis de mieux identifier les enjeux, les dissensus et les consensus) ».

Il y a à mon sens dans ces réflexions et ces méthodes sur la « qualification du débat démocratique » beaucoup à prendre pour notre futur commun.

Avec mes sentiments cordiaux

Daniel BREUILLER Maire d’Arcueil Vice-président du Conseil général en charge

de la démocratie participative et récent

signataire d’Europe écologie

PJ : texte d’E Morin ___

Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l’arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.

L’amplification et l’accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d’un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.

Le probable est la désintégration. L’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l’Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l’architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l’esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l’histoire, c’est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d’anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l’humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l’évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale, nous devons penser qu’au contraire c’est l’histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l’humanité.

L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s’il semble possible d’en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l’aide des royautés, les désintégrer.

La science moderne s’est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s’introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l’un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd’hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer.

Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie.

Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n’en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s’agit de les reconnaître, de les recenser, de les collationner, de les répertorier, et de les conjuguer en une pluralité de chemins réformateurs. Ce sont ces voies multiples qui pourront, en se développant conjointement, se conjuguer pour former la voie nouvelle, laquelle nous mènerait vers l’encore invisible et inconcevable métamorphose. Pour élaborer les voies qui se rejoindront dans la Voie, il nous faut nous dégager d’alternatives bornées, auxquelles nous contraint le monde de connaissance et de pensée hégémoniques. Ainsi il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper.

L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que, s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de « Terre-patrie », il faut aussi promouvoir, de façon démondialisante, l’alimentation de proximité, les artisanats de proximité, les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales.

L’orientation « croissance/décroissance » signifie qu’il faut faire croître les services, les énergies vertes, les transports publics, l’économie plurielle dont l’économie sociale et solidaire, les aménagements d’humanisation des mégapoles, les agricultures et élevages fermiers et biologiques, mais décroître les intoxications consommationnistes, la nourriture industrialisée, la production d’objets jetables et non réparables, le trafic automobile, le trafic camion (au profit du ferroutage).

L’orientation développement/enveloppement signifie que l’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l’efficacité, de la rentabilité, du calculable, il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié.

Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut maintenant énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l’urgence. Il faut savoir aussi commencer par définir les voies qui conduiraient à la Voie. Ce à quoi nous essayons de contribuer. Quelles sont les raisons d’espérer ? Nous pouvons formuler cinq principes d’espérance.

1. Le surgissement de l’improbable. Ainsi la résistance victorieuse par deux fois de la petite Athènes à la formidable puissance perse, cinq siècles avant notre ère, fut hautement improbable et permit la naissance de la démocratie et celle de la philosophie. De même fut inattendue la congélation de l’offensive allemande devant Moscou en automne 1941, puis improbable la contre-offensive victorieuse de Joukov commencée le 5 décembre, et suivie le 8 décembre par l’attaque de Pearl Harbor qui fit entrer les Etats-Unis dans la guerre mondiale.

2. Les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l’humanité. De même qu’il existe dans tout organisme humain adulte des cellules souches dotées des aptitudes polyvalentes (totipotentes) propres aux cellules embryonnaires, mais inactivées, de même il existe en tout être humain, en toute société humaine des vertus régénératrices, génératrices, créatrices à l’état dormant ou inhibé.

3. Les vertus de la crise. En même temps que des forces régressives ou désintégratrices, les forces génératrices créatrices s’éveillent dans la crise planétaire de l’humanité.

4. Ce à quoi se combinent les vertus du péril : « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. » La chance suprême est inséparable du risque suprême.

5. L’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie (paradis, puis utopies, puis idéologies libertaire /socialiste/communiste, puis aspirations et révoltes juvéniles des années 1960). Cette aspiration renaît dans le grouillement des initiatives multiples et dispersées qui pourront nourrir les voies réformatrices, vouées à se rejoindre dans la voie nouvelle.

L’espérance était morte. Les vieilles générations sont désabusées des faux espoirs. Les jeunes générations se désolent qu’il n’y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l’humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité.

L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude. C’est l’espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L’origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine.

Sociologue et philosophe. Né en 1921, est directeur de recherches émérite au CNRS, président de l’Agence européenne pour la culture (Unesco) et président de l’Association pour la pensée complexe. En 2009, iI a notamment publié « Edwige, l’inséparable » (Fayard). A lire également, « La Pensée tourbillonnaire – Introduction à la pensée d’ », de Jean Tellez (éditions Germina)

Blog-notes - lundi 22 mars 2010

Retour sur le forum des actions collectives du 16 mars

J’ai participé mardi 16 mars au forum des actions collectives, qui se tenait à la maison des syndicats à Créteil à l’initiative du Conseil général. L’objectif de ce forum, qui a lieu tous les deux ans, est de donner à voir la diversité des actions mises en œuvre sur le terrain du social et de l’insertion, et de favoriser les échanges entre ces même professionnels, les partenaires associatifs, les élus locaux et les allocataires.

Il y avait beaucoup de monde mardi parmi les 80 stands, diverses expos, projections de films, représentations théâtrales, qui ont animé la journée. J’étais invité à intervenir lors d’un débat autour de la démocratie participative, qui s’est avéré extrêmement enrichissant.

Qu’est ce qu’une action collective ? L’action collective est une méthode d’intervention du travail social qui privilégie l’implication des usagers dans un groupe et la valorisation de leurs savoirs. En somme, proposer à un citoyen de se rapprocher d’autres acteurs pour atteindre ensemble un but commun. On se rend compte aujourd’hui à quel point ces approches permettent de redonner dignité et espoir à des citoyens qui connaissent des difficultés dans leur vie quotidienne. Elles ont ausi le grand avantage d’être souvent initiées par les acteurs de terrain eux-mêmes, qu’ils soient les professionnels du social, les associations spécialisées ou les allocataires eux-mêmes. Pour toutes ces raisons, de plus en plus d’actions collectives fleurissent dans nos EDS et espaces d’insertion, et aident les plus fragilisés d’entre nous à reprendre pied.

Actions collectives et démocratie participative : même combat ! Dans le groupe de discussion sur la démocratie participative, j’ai été interpellé par des assistantes sociales, des professionnels de l’insertion, des bénévoles d’associations locales d’insertion ou de foyers de femmes des quartiers : « les gens ne croient plus vraiment au politique. Comment leur redonner espoir ? » ; « pourquoi ceux qui sont concernés par les projets ne sont pas ceux qui participent ? » ; « pourquoi les démarches de participation ne se tiennent pas sur le terrain, dans de petits groupes où la confiance s’installe et la parole se libère, plutôt que devant des assemblées d’élus qui intimident celles et ceux qui ont des choses à dire ? ». Autant d’interrogations fondamentales que nous nous posons chaque jour dans la conception et l’animation de démarches et dispositifs participatifs… Mais pas seulement : il y est aussi question du nécessaire changement de regard que nous portons sur l’autre (voir l’autre comme un alter-ego plutôt que comme une victime, comme un citoyen à part entière plutôt que comme un SDF ou un sans-papiers). Et l’articulation fondamentale entre l’individu et le groupe a aussi été mise en lumière : a priori, les finalités des démarches participatives et des actions collectives peuvent paraitre opposées : alors que le principe de l’action collective est d’amener l’individu à intégrer un groupe pour permettre son épanouissement personnel, il s’agit à travers la démocratie participative d’obtenir l’avis collectif d’un groupe composé d’individus qui doivent être capables de dépasser leurs préoccupations personnelles pour viser l’intérêt général. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il est question dans les deux cas de la recherche de l’altérité, de la rencontre de la différence, de dialogue, et par là même d’effets d’apprentissage. Et de même que l’épanouissement d’un individu profite à l’ensemble de la société, la recherche de l’intérêt général ne vise pas autre chose que le bonheur de chacun d’entre nous.

Au final, ce forum a donné à voir les grandes promesses des approches collectives du travail social. Mais dans le même temps, il a aussi mis en lumière beaucoup de souffrance, tant du coté des familles et des personnes qui fréquentent nos EDS (de plus en plus nombreuses et précarisées du fait de la crise) que des travailleurs sociaux mis dans une situation humainement intenable de ne plus pouvoir répondre à des sollicitations toujours plus nombreuses, notamment de la part de familles entières sans logements ni emplois. Et cette situation paradoxale où les actions collectives font preuve de leur utilité mais sont aujourd’hui menacées faute de crédits suffisants.

Je veux tirer un grand coup de chapeau aux acteurs du social et leur renouveler tous mes encouragements. Ne perdons pas de vue que le cœur de métier du Conseil général réside bien là, dans le travail social, et que ce n’est pas parce que toute cette énergie n’est pas considérée comme économiquement rentable qu’elle est inutile et source de gaspillages. Au contraire, les travailleurs sociaux sont bien aujourd’hui les indispensables petites mains du vivre ensemble et les garants du respect du droit à la dignité de chaque citoyen. Merci à eux.