Le résultat convaincant mais insatisfaisant du premier tour de l’élection régionale nous confère une très grande responsabilité.
Dans un contexte de vives eaux socialistes, l’écologie politique confirme et s’installe dans le paysage politique non pas comme un refuge aux déçus du Parti Socialiste (lors des élections européennes, la bataille des EGO au PS a été un élément important, aux côtés d’un projet cohérent d’EE, du résultat des listes EE) mais bien comme la PERSPECTIVE POLITIQUE du 21ième siècle capable de répondre aux exigences SOCIALES et ENVIRONNEMENTALES.
Le socialisme fut l’utopie du 20ième siècle et un formidable moteur pour les luttes sociales.
L’écologie politique est l’utopie « plausible » du 21ième siècle.
« CHANGER LA VIE » ces mots magnifiques de RIMBAUD dont MITERRAND fit un slogan présidentiel, peuvent devenir le slogan fédérateur de l’écologie politique.
C’est d’ailleurs parce que la politique (les politiques) n’a pas été capable de « changer leur vie » de rendre possible plus de bonheur, de justice, d’équité et de solidarité qu’un grand nombre de nos concitoyens s’en sont détournés dans une abstention massive. Le désenchantement est profond car les solutions avancées par la gauche traditionnelle sont peu crédibles.
Les moins de 35 ans, comme les ouvriers et les habitants des quartiers les plus paupérisés sont ceux qui ont le plus ignoré cette élection, parce que la politique les ignore.
Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une génération (les jeunes) à la quasi certitude de vivre moins bien que leurs parents.
Du moins tant que l’on reste dans cette perspective libérale et productiviste où la compétition (libre et non faussée) est érigée en modèle.
Et les exigences du bouclier social et territorial portées à leur façon par le Parti socialiste et le Front de gauche sont bien sûr absolument nécessaires mais en aucun cas suffisantes pour incarner un projet d’avenir.
Ce projet d’avenir c’est celui de l’écologie politique qui en questionnant les modes de production et de consommation, en défendant les circuits courts, l’économie sociale et solidaire, l’agriculture périurbaine, la conversion écologique de l’économie rend possible une nouvelle société.
Cette écologie politique doit répondre aux deux défis d’égale gravité et intimement liées, celui de l’aggravation des inégalités sociales (produit par le libéralisme économique) et le défi climatique.
Ces enjeux sont portés et incarnés par Europe Ecologie et c’est pour cela qu’après un long « mûrissement » personnel j’ai choisi de rejoindre ce mouvement. Mais l’écologie politique n’est pas notre propriété, ni même un projet abouti qu’il suffirait d’appliquer.
Au sein du PS, du PC, du Front de gauche, d’autres partis, des militants agissent pour cette perspective. Mais surtout , autour des questions sociales, des questions de genre, des questions de droits collectifs, des questions de souveraineté alimentaire, d’altermondialisme, d’économie solidaire, de laïcité, d’éducation, de coopération internationale, de culture et de sports et de tant d’autres, des citoyennes et des citoyens, des associations, se mobilisent, agissent et rendent possible la construction de ce projet politique nouveau que nous appelons l’écologie politique.
Ces combats thématiques ont besoin d’une perspective et d’un débouché politique, mais ils contribuent aussi à rendre possible ce débouché possible.
C’est avec cette conviction que je regarde et participe aux débats sur le futur d’Europe Ecologie.
Plusieurs textes circulent dont je partage la quasi-totalité des contenus, tout en me demandant si le fait parfois de publier un texte n’est pas le moyen d’annoncer un groupe de signataires comme une puissance incontournable de la future « organisation », tout autant que de mettre en débat le contenu.
C’est ainsi, et cela fait partie de la vie des mouvements. L’essentiel est que la bataille des pouvoirs qui peut diviser, ne mette pas à mal la bataille politique qui nous réunit. J’ai connu trop de débats décisifs, trop de motions ou d’appels de la dernière chance pour ne pas avoir sur ces sujets un peu de recul.
J’ai choisi de ne pas être signataire de manifestes mais de participer aux débats et aux propositions pour le futur.
Je voudrais exposer plusieurs convictions sur la structuration puis formuler 2 ou 3 propositions :
1) Notre force et notre richesse tiennent à notre diversité « génético-politique ». Cela peut être aussi notre faiblesse si nous devions nous enfermer dans des identités actuelles ou passées.
D.Cohn Bendit a raison, le « où va-t-on » est primordial plutôt que le d’où viens-tu !
Mais nos histoires, nos « cultures d’origine» seront utiles si nous les faisons fructifier, si nous les reconnaissons comme une chance, et les accueillons mutuellement avec respect (ce qui n’exclut pas de l’exigence…et des controverses)
Notre rassemblement ne vient pas du hasard, nous nous sommes croisés dans tant de luttes…
Isolés ou divisés nous nous stériliserions, rassemblés nous fructifierons.
2) Nous ne devons
- ni créer un nouveau parti dont la forme « hiérarchisée » a montré partout ses limites (ce qui ne signifie pas que les Verts n’ont pas joué un rôle essentiel pour permettre à EE d’exister…)
- ni n’être qu’un réseau informel sans structures lisibles et sans lieux de décisions identifiés, validés et contrôlables.
3) Je partage totalement le contenu de l’appel du 22 mars(2010) de DCB, singulièrement le passage sur une organisation « pollinisatrice ».La perspective d’une « coopérative politique » peut être un concept fructueux, comme l’est celui de « métamorphose » posé dans un texte récent de E.MORIN et que beaucoup reprennent.
Je veux juste ajouter ma conviction que le mode d’organisation et le projet sont indissociables l’un de l’autre et que c’est tout aussi nécessaire d’animer le débat sur les contenus de l’écologie politique que d’inventer notre future coopérative.
C’est pourquoi j’apporte donc à ce débat 2 propositions :
a) Une Université permanente de l’écologie politique
Nous avons besoin d’espaces de pensée collective et d’espaces de confrontation.
- Il existe des Universités d’été pourquoi pas une (des) universités permanentes de l’écologie politique
. Chaque semaine des citoyens, des élus, des militants associatifs, des chercheurs pourraient débattre ensemble pour donner corps au projet politique.
- Cela permettrait de rester ouverts à la société, accueillant les controverses, capable d’assimiler le travail de recherche, les expériences militantes, et de rendre chaque participant plus actif et plus capable d’agir.
b) La bourse aux bonnes pratiques
L’écologie politique c’est la politique par la preuve et donc c’est la transmission et la valorisation des expériences réussies, qui montrent que d’autres chemins sont possibles.
Je propose une « BOURSE AUX BONNES PRATIQUES » où les élus et les militants pourraient expliciter les politiques mises en œuvre dans les villes, les départements, les régions, l’Europe…
Analyser collectivement les difficultés rencontrées et les facteurs de réussite.
Ces « rencontres » pourraient sans doute être organisées et financées sur les crédits ouverts par le droit à la formation des élus.
Nous pourrions mutualiser les moyens mobilisés ainsi en ouvrant ces « formations d’élus » à des militants non élus, gratuitement bien sûr.
Le croisement des analyses entre élus en charge d’exécutifs, élus en situation minoritaire dans les exécutifs ; élus d’opposition et militants est très fructueux. Nous l’avons expérimenté à petite échelle au sein de la Gauche citoyenne , je peux témoigner de l’utilité pour chacun.
Voilà 2 propositions concrètes qui pourraient prendre corps si un certain nombre de militants s’y intéressent et si la « coopérative » décide de les soutenir
Voilà avant de conclure, en félicitant ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout, je joins en annexe quelques réflexions sur la question de la structuration et un texte d’Edgar Morin que je trouve très utile à notre réflexion.
ANNEXE 1
A) Concernant les formes de la coopération, je soumets quelques idées
o – passer de la vision hiérarchique et pyramidale à une pensée « centre- périphérie »
Cette forme de pensée permet de ne plus penser les structurations entre haut et bas, national et local, l’élu ou le militant national ou régional n’est pas au dessus de l’élu ou du militant départemental ou local
- Il est le centre du travail sur les questions nationales ou régionales, quand le militant local en est la périphérie
- A l’inverse lorsque l’on parle des questions départementales ou locales, ce sont les militants et élus locaux et départementaux qui en sont les centres et les « nationaux ou régionaux » en sont les périphéries.
La responsabilité d’un « centre », d’un animateur est alors selon une formule que j’emprunte à L SEVE « de centraliser sans appauvrir et d’impulser sans dicter d’en haut »
Concernant les formes du débat politique l’argument d’autorité ne fonctionne plus et c’est une bonne chose, mais une organisation (un rassemblement) ne peut avoir non plus de point de vue trop contradictoires, en son sein, cela suppose selon moi
1) d’accepter les dissensus mais de les travailler avec exigence
2) de s’attacher à ce que P.VIVERET appelle la « qualité démocratique ». Il relate l’expérience tirée du premier forum mondial à Porto Allègre où les organisateurs la veille de la clôture, tous d’accord sur la nécessité d’une seconde édition, étaient en revanche opposés sur la question de revenir à Porto Allège. Certains jugeant que la municipalité avait tenté de récupérer le FSM. C’était dès lors inacceptable de revenir.
Pour les autres, en l’absence d’autres propositions de lieux d’organisation, ce qui était inacceptable c’était de laisser l’immense espoir né lors de ce forum retomber faute de perspective. Les deux points de vue semblaient inconciliables.
La question fut posée à chacun de la façon suivante : que reconnais-tu dans la position de l’autre comme important.
-les opposants à la reconduction à Porto Allègre reconnurent qu’il était essentiel de donner le lendemain aux participants une perspective de 2ième édition.
- les participants du retour à Porto Allègre reconnurent essentiel le refus de la récupération politique.
Cela donna naissance à la charte des forums sociaux établissant « l’autonomie des forums face aux pouvoirs politiques ».
Dès lors, il y avait un lieu et une « garantie » de non récupération, les points de vue apparemment inconciliables s’étaient dépassés par cette « qualification démocratique qui avait permis de mieux identifier les enjeux, les dissensus et les consensus) ».
Il y a à mon sens dans ces réflexions et ces méthodes sur la « qualification du débat démocratique » beaucoup à prendre pour notre futur commun.
Avec mes sentiments cordiaux
Daniel BREUILLER
Maire d’Arcueil
Vice-président du Conseil général en charge
de la démocratie participative et récent
signataire d’Europe écologie
PJ : texte d’E Morin
___
Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin
Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l’arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.
L’amplification et l’accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d’un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.
Le probable est la désintégration. L’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.
La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l’Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l’architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l’esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l’histoire, c’est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d’anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l’humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l’évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale, nous devons penser qu’au contraire c’est l’histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l’humanité.
L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s’il semble possible d’en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l’aide des royautés, les désintégrer.
La science moderne s’est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s’introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l’un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd’hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer.
Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie.
Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n’en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s’agit de les reconnaître, de les recenser, de les collationner, de les répertorier, et de les conjuguer en une pluralité de chemins réformateurs. Ce sont ces voies multiples qui pourront, en se développant conjointement, se conjuguer pour former la voie nouvelle, laquelle nous mènerait vers l’encore invisible et inconcevable métamorphose. Pour élaborer les voies qui se rejoindront dans la Voie, il nous faut nous dégager d’alternatives bornées, auxquelles nous contraint le monde de connaissance et de pensée hégémoniques. Ainsi il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper.
L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que, s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de « Terre-patrie », il faut aussi promouvoir, de façon démondialisante, l’alimentation de proximité, les artisanats de proximité, les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales.
L’orientation « croissance/décroissance » signifie qu’il faut faire croître les services, les énergies vertes, les transports publics, l’économie plurielle dont l’économie sociale et solidaire, les aménagements d’humanisation des mégapoles, les agricultures et élevages fermiers et biologiques, mais décroître les intoxications consommationnistes, la nourriture industrialisée, la production d’objets jetables et non réparables, le trafic automobile, le trafic camion (au profit du ferroutage).
L’orientation développement/enveloppement signifie que l’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l’efficacité, de la rentabilité, du calculable, il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié.
Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut maintenant énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l’urgence. Il faut savoir aussi commencer par définir les voies qui conduiraient à la Voie. Ce à quoi nous essayons de contribuer. Quelles sont les raisons d’espérer ? Nous pouvons formuler cinq principes d’espérance.
1. Le surgissement de l’improbable. Ainsi la résistance victorieuse par deux fois de la petite Athènes à la formidable puissance perse, cinq siècles avant notre ère, fut hautement improbable et permit la naissance de la démocratie et celle de la philosophie. De même fut inattendue la congélation de l’offensive allemande devant Moscou en automne 1941, puis improbable la contre-offensive victorieuse de Joukov commencée le 5 décembre, et suivie le 8 décembre par l’attaque de Pearl Harbor qui fit entrer les Etats-Unis dans la guerre mondiale.
2. Les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l’humanité. De même qu’il existe dans tout organisme humain adulte des cellules souches dotées des aptitudes polyvalentes (totipotentes) propres aux cellules embryonnaires, mais inactivées, de même il existe en tout être humain, en toute société humaine des vertus régénératrices, génératrices, créatrices à l’état dormant ou inhibé.
3. Les vertus de la crise. En même temps que des forces régressives ou désintégratrices, les forces génératrices créatrices s’éveillent dans la crise planétaire de l’humanité.
4. Ce à quoi se combinent les vertus du péril : « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. » La chance suprême est inséparable du risque suprême.
5. L’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie (paradis, puis utopies, puis idéologies libertaire /socialiste/communiste, puis aspirations et révoltes juvéniles des années 1960). Cette aspiration renaît dans le grouillement des initiatives multiples et dispersées qui pourront nourrir les voies réformatrices, vouées à se rejoindre dans la voie nouvelle.
L’espérance était morte. Les vieilles générations sont désabusées des faux espoirs. Les jeunes générations se désolent qu’il n’y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l’humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité.
L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude. C’est l’espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L’origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine.
Sociologue et philosophe. Né en 1921, est directeur de recherches émérite au CNRS, président de l’Agence européenne pour la culture (Unesco) et président de l’Association pour la pensée complexe. En 2009, iI a notamment publié « Edwige, l’inséparable » (Fayard). A lire également, « La Pensée tourbillonnaire – Introduction à la pensée d’ », de Jean Tellez (éditions Germina)